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ENFANCE
Sus au travail domestique des petites filles
Coup d'envoi du projet
«Inqad» et d'une campagne de communication
Le coup d'envoi du projet "Inqad" a été donné vendredi dernier à Rabat à travers
le lancement d'une campagne nationale de sensibilisation.
Ce projet, qui est une composante du Plan d'action national pour l'enfance (
PANE 2006-2016) adopté par le gouvernement le 25 mars de l'année écoulée, vise à
lutter contre le phénomène du travail domestique de la petite fille. Il
s'articule autour de trois axes, à savoir le renforcement du cadre juridique,
l'amélioration de la prise de conscience du phénomène parmi les acteurs
concernés et la mise en œuvre de mesures préventives, notamment la lutte contre
l'abandon scolaire.
Placée sous le patronage effectif de Son Altesse Royale la
Princesse Lalla Meryem, la campagne nationale de sensibilisation s'inscrit dans
le cadre du deuxième axe du projet "Inqad". Elle s'étalera du 22 janvier au 23
février 2007 pour un coût global de 3 millions de dirhams.
" Nous voulons que cette campagne sensibilise l'opinion publique aux dangers
inhérents à ce fléau social qui confisque les droits humains de plusieurs filles
et hypothèque leur présent et leur avenir ", a souligné Yasmina Baddou,
secrétaire d'Etat chargée de l'Enfance, de la Famille et des Personnes
handicapées.
Le secrétariat d'Etat, ainsi que l'ensemble de ses partenaires nationaux et
internationaux espèrent donc réduire le nombre des petites bonnes à travers un
travail de " sensibilisation et de conscientisation". La campagne s'adresse en
particulier aux parents qui ont accepté ou qui accepteraient que leurs filles
travaillent comme bonnes, mais aussi et surtout aux familles qui les emploient
en tant que telles. Elle ambitionne de leur faire changer de mentalité.
"L'avenir de leurs petites filles n'est pas assuré ", a dit Mme Baddou,
précisant que " en général ceux qui envoient leurs filles travailler
n'améliorent guère leur situation matérielle et ignorent totalement l'enfer
enduré par leur progéniture".
Mme la secrétaire d'Etat, qui a tenu à souligner que le phénomène recule
légèrement au Maroc, a fait savoir par ailleurs que ses origines étaient
multiples. Ainsi, elle a mis en cause les facteurs socioéconomiques " il y a
d'abord la pauvreté et l'abandon scolaire en milieu rural qui alimentent le
marché du travail domestique.
Cela est aggravé par la cupidité des intermédiaires qui sont bien organisés et
qui agissent dans la clandestinité ".
Le deuxième facteur évoqué par la responsable gouvernementale est d'ordre
socioculturel. " Beaucoup de familles favorisent les pratiques discriminatoires
basées sur le sexe. Les filles se voient confier traditionnellement les tâches
domestiques, ce qui contribue dans une certaine mesure à faire accepter
socialement le phénomène ".
Le troisième facteur, selon Mme Baddou, est le vide juridique. Car il faut
savoir qu'il n'existe toujours pas une loi qui réglemente le travail domestique.
Concernant ce dernier point, il convient de rappeler que le ministère de
l'Emploi et de la Formation professionnelle, en coordination avec le secrétariat
d'Etat chargé de l'Enfance, a élaboré un projet de loi fixant l'âge minimum pour
le travail domestique, les conditions contractuelles, les mécanismes de contrôle
et de protection et les sanctions, le cas échéant.
A partir de ce lundi donc démarre la campagne nationale de sensibilisation,
ainsi que le projet "Inqad".
Les organismes et ONG intéressés par la cause de l'enfance ont salué " un grand
pas en avant ".
A l'image de la représentante de l'Unicef au Maroc, Mme Maye Ayoub qui estime
qu'il s'agit là " d'un moment fort et de l'aboutissement de plusieurs années
d'efforts ".
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Le programme Inqad/h4>Le programme "Inqad"
s'articule autour de trois axes principaux. Le premier axe vise à combler le
vide juridique en matière du travail des petites bonnes. Le deuxième dit de
prévention, vise à lutter contre les facteurs favorisant le phénomène.
Il s'attaque ainsi au réseau des intermédiaires (samsara) et encourage la
scolarisation de la fille en milieu rural.
Le troisième concerne la sensibilisation à travers des campagnes de
communication, notamment dans les villes qui enregistrent un taux élevé de
petites filles travaillant comme bonnes.
Quatre régions prioritaires ont été identifiées au niveau national. Il s'agit du
Grand Casablanca, des Doukkala, de la région de Marrkech Tensifet El Haouz, de
la région de Rabat Salé Zemmour Zaër et de la région de Boulemane Taza Taounate.
Rappelons que le département concerné a adopté une approche intégrée sous la
supervision d'un Comité national de suivi et d'évaluation.
Abdelwahed Rmiche | LE MATIN
Publié le : 21.01.2007
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